08.06.2006
le choix du terrain d'implantation : au sommet de la butte des Tanneurs à Metz...
choix du terrain
Le choix se fait volontairement vers un terrain “délaissé” dans le centre ancien de la ville de Metz. Différentes raisons orientent ce choix :
-la thématique des limites, des frontières, prégnantes sur le site comme dans les œuvres de Solange Bertrand. En effet, le terrain occupe l’emplacement des anciennes murailles d’enceinte de la ville. Le site, historiquement en marge ( le site domine l’ancien quartier des Tanneurs), a longtemps été ignoré, délaissé à l’image de l’œuvre du peintre dans sa région natale.
-les caractéristiques topographiques de la parcelle, contraintes par des limites urbaines fortes, le fort caractère historique et patrimonial du lieu.
-la double opportunité d’une telle implantation : pour la ville qui réemploient des espaces à fort potentiel historique et urbain et pour la Fondation qui s’implante sur un lieu central, à proximité d’autres institutions culturelles d’envergure (Musées, FRAC, Conservatoire, Institut d’écologie, archives de la ville, groupes scolaires…)
Le site choisi occupe le flanc sud-est de la colline Sainte Croix, berceau historique de la ville de Metz. Le terrain domine un jardin à étage, le jardin des Tanneurs. Le terrain est une longue bande Nord-Sud bordée par deux voies, une rue haute à l’ouest, la rue des Murs et une basse à l’est, la rue du Paradis. La topographie du lieu permet une vue en balcon sur l’environnement proche et aussi plus lointain de la cité : les toitures du vieux quartier Outre-Seille et vers les collines de Bellecroix.
Le terrain est actuellement un talus planté inutilisé, sans véritable usage. Cette situation exceptionnelle dans un tissu urbain ancien constitue une véritable opportunité foncière, architecturale, et urbaine. Ce type de lieu permettrait d’engager une réflexion sur la modernité architecturale et la re-densification urbaine en centre historique.
historique de la zone d’étude
Le site retenu est à la jonction de deux quartiers : Sainte Croix et Outre-Seille, le cœur antique de la cité et son extension médiévale. “A la fin du IIIème siècle, face au danger de nouvelles incursions barbares, les habitants de Divodurum élevèrent hâtivement des fortifications autour de la ville.” Le mur subit différentes attaques et incendies des barbares notamment des Huns en 451. L’actuelle rue des Murs est entièrement bâtie sur les substructions de ces premières murailles, sa forme et son tracé en découlent. D’ailleurs, “on disait jadis rue sur les murs” .
Au cours des siècles, la ville s’est étendue : au XIIIème siècle, la ville a triplé et une nouvelle enceinte, englobant les quartiers d’Outre-Seille et d’Outre-Moselle, est édifiée. C’est à partir de cette période que le quartier “Outre-Seille”, au-delà d’un bras de la Seille, devient le quartier des Tanneurs. “Ils y élevèrent des maisons adaptées à leurs travaux, avec une façade en bois sur la Seille, comportant plusieurs niveaux de cave” . Des jeux de niveaux et des maisons adossées permettaient d’absorber la topographie du site. Le site est occupé dans sa partie haute par un monastère franciscain, les Récollets. Le monastère va se développer progressivement autour de son fameux cloître .
L’activité des tanneries tombe en désuétude au cours du XIXème siècle, et le quartier va lentement se délabrer. En 1865, les jardins nord des Récollets sont remplacés par la construction d'un immense château d’eau destiné à alimenter en eau le quartier Outre-Seille. Ce réservoir en pierre permet l'édification d'un superbe jardin suspendu dominant la vieille ville. Au début du XXe siècle, sous l’annexion allemande, les autorités décident, dans leur souci de germaniser le centre ancien, d’assécher le bras de la Seille qui irriguait les anciennes tanneries: il crée ainsi la rue des Tanneurs et de la Basse-Seille.
Tout d’abord en 1930 puis en 1948, bon nombre de bâtisses s’effondrent suite au glissement de terrain de la butte des Tanneurs. Le terrain reste longtemps délaissé. Les Récollets deviennent en 1971 l’institut européen d’écologie. Dans les années 1980, le quartier des Tanneurs est reconstruit en béton accompagné d’un jardin à étage, le “jardin des Tanneurs”, aménagé à l’emplacement des constructions. Le jardin des Tanneurs se substitue également au tracé d’une portion de la rue de la Saulnerie aujourd’hui disparue. De nos jours, sur la partie haute du site, à l’intérieur de la première enceinte romaine, c’est le tissu urbain médiéval qui persiste, attestant d’une des plus grandes périodes architecturales et urbaines de la ville.
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